GABRIEL VIALLE

  Hommage à Gabriel Vialle 

 

Gabriel vialle

 

Gabriel Vialle (1923-2000) a longtemps été membre de l'Assciation des Amis de Cocteau-Méditerrnanée.

 
Il a consacré l'essentiel de sa vie à la musique. Ancien instituteur, devenu critique musica, il a mis son sens de la pédagogie au service de la découverte des compositeurs et des œuvres. Nourri dès l'enfance, d'opéra, et de concerts classiques, ses goûts embrassaient des genres divers, des musiques du monde à l'électroacoustique, des polyphonies aux musiques nouvelles.

Dans les pages du quotidien « La Marseillaise » à Radio France comme sur diverses radios locales, en tant que président de l'association « Marseille Concerts », lors de conférences ou de spectacles de théâtre musical, il a été à l'écoute des artistes vivants, et s'est fait leur ambassadeur auprès du grand public, avec une attention soutenue envers les créateurs de notre région, notamment Henri Tomasi et Darius Milhaud.
 

Il souhaitait offrir sa collection, 5220 CD, 800 ouvrages musicaux, 800 disques vinyle, 500 livres d'art à une petite commune qui la ferait vivre. Son fils Michel et son petit fils Guillaume réalisent son vœu en choisissant Cuges-les-Pins pour ce don exceptionnel.
 
Pouvait-on se douter qu'il fût lui-même un grand poète?

Voici ce qu'il écrivit pour le centenaire de Jean Cocteau:

 

 

Vialle 01

Vialle 02

Vialle 03

 

 

A la page 7 du Sud d'un Poète Gabriel Vialle ré-exposait habilement le projet du livre, en ces termes:

 

Je retrouve la mer...

 

     Dans un poème du 8 mars 1962, intitulé "Posthume", Jean Cocteau évoque "ces lieux où j'écrivais Plain-Chant" et écrit:

          Je retrouve la mer alors que sur ses rives

          Je rêvais en marchant.


     Dans ce livre, de Montpellier à Cap d'Ail, par la ferveur et le souvenir, par le verbe et par l'image, nous avons voulu vous faire retrouver cette mer, ces rives que le poète côtoya, chanta, enchanta...


     Ce livre est le guide, le témoignage et le souvenir d'un voyage bien réel, dans l'espace et dans le temps. Mais il s'adresse aussi à ceux qui n'ont pas fait le voyage.

Il s'adresse à toux ceux qui, comme nous, aiment Jean Cocteau.

     A tous ceux qui -parfois sans franchir la porte de leur chambre et sous un ciel bien différent de celui de la Méditerranée- veulent suivre Orphée dans ces lieux qu'il aima : de Montpellier au Mas de Fourques, avec Jean Hugo, des Baux, où Œdipe croisa le sphinx sans le voir, à Marseille où certain fantôme ne cesse de hanter les couloirs de l'hôpital Beauvau, de Menton, où un œil dessiné par Jean guette le "oui" des jeunes mariés, à Santo Sospir où gambadent les centaures du "Testament", de Cap d'Ail, avec son théâtre plus grec que nature, à Villefranche où son ange veille sur les méditations des pêcheurs... sans oublier Picasso et les corridas d'Arles, Louis Durey à Saint-Tropez, et Colette, et Radiguet...


     En un éternel retour vers ce sud que Jean Cocteau fit tellement sien que nous n'avons pas hésité à intituler voyage et livre "Le Sud d'un Poète", par allusion au film de 1929, emblématique de l'homme et de l’œuvre.

     Ce livre -et cela aurait plu au moins centralisateur des Parisiens- nous l'avons voulu, résolument, régional : les peintres, les photographes, comme l'éditeur et l'imprimeur, comme ceux qui l'aident à vivre ou qui le diffusent, sont -de naissance et de cœur- des gens du Sud, attachés à cette terre, à cette mer, à ces villes, à ces être, si proches de la Terre, de la mer et des gens de la Grèce que Cocteau sut si bien chanter, aussi...


     Un poème de 1960 contient ce vers:

Sur combien d'astres morts me faudra-t-il renaître?

     Par ce livre, nous condamnons Cocteau à renaître, et, au moins le souhaitons-nous, à vivre éternellement dans ce Sud bien vivant qui, désormais, lui appartient.

     Et qui est donc, aussi, le vôtre...

                                                                          

 

 

 

 

Gabriel Vialle continua à cultiver la jeunesse d'esprit: non seulement il permit l'édition de nombreuses partitions de Tomasi (quoiqu'il en soit un génie négligé), encouragea Piquemal à enregistrer le Requiem pour Paix, mais continua jusqu'à la veille de sa mort à défendre les compositeurs contemporains, comme en témoigne son article sur Messe pour un Jour Ordinaire de Cavanna, dans les colonnes de la Marseillaise. Certainement sa réputation internationale grandira, pusiqu'il est aujourd'hui cité comme le principal analyste des Yeux sans Visage de Franju. On s'inquiète un peu plus pour son leg:

Sur Tombstone Post, le blog d'un élu de Cuges, on lit:

le fonds Gabriel Vialle est un legs reçu par la commune comprenant notamment un lot de plus de 5000 CD. La seule façon de pérenniser ces œuvres est de les numériser puis de les mettre à disposition du public sur Internet. Je proposai donc de "rechercher un partenaire pour cette opération". Pour la réponse du maire, je me contenterai de rapporter celle notée par La Provence:

..."On vous charge de le trouver ! " a ironisé Bernard Destrost.

Il aurait pu ajouter " On a déjà les sardinades ! ". Devant pareille "mobilisation" pour la culture, je me permets de conseiller aux personnes intéressées de se manifester rapidement. En effet ces CD ont été reçus il y a une quinzaine d'années, et connaissant la durée de vie des matériaux qui les composent, le temps est compté, si ce n'est pas déjà trop tard !

 

Faute de bonnes volontés, voire de bénévoles, c'est tout un trésor qui disparaîtra en fumée, alors que cette petite localité inconnue (pour ne pas dire ce cul-de-sac) aurait pu devenir par son patrimoine l'un des centre rayonnants de la culture française du XXè siècle! Ah oui, il n'y a pas d'argent pour entretenir ce qu'on vous donne? Tant pis! il reste une faible chance que ce pactole vous survive, tant mieux si vous n'avez pas su en tirer profit (puisqu'aucun autre vocabulaire n'est compréhensible à vos oreilles...)

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