Arno Breker

 

Breker, de tendance avant-gardiste voire cubiste dans les années 20 a rencontré Cocteau en 1925 au Boeuf sur le toit en compagnie des fils de Renoir. Il n'ont jamais partagé d'atelier, mais Cocteau, comme Brancusi, Fujita ou Man Ray a fréquenté l'appartement qu'il partageait avec Calder. C'est dans le cercle des amis de Cocteau que Breker aurait rencontré le jeune rom qui l’obsédera durablement, au point que le portrait de 1927 deviendra une caricature retravaillée jusqu'en 1939. Personne ne s'est posé la question de l'identité de cet inconnu... tout juste apprend-on que le sculpteur et le peintre auraient tenté de l'imposer, sans succès au cinéma. Il est tentant de reconnaître dans ce visage une des incarnations de Dargelos, celui du Sang d'un poète par exemple, rôle non crédité, qu'on dit être un machiniste recruté à la dernière minute.

 

Cocteau était proche de la culture allemande, sa nurse lui récitait Erlkönig, lui-même avait publié des poèmes en allemand, dédiés à Kurt Weill (chassé d'Allemagne puis de France) qui en mis certains en musique.

 

Le 23 mai 1942, Cocteau publia dans Comoedia le Salut à Breker, évidemment mal venu, mais qui fait figure de pied-de-nez à l'extrême-droite collaborationniste qui le vilipende. C'est par ricochet le début d'une incompréhension entre Cocteau et Mauriac qui ne fera que s'envenimer.

De quelque côté qu'on cherche à le retourner, Cocteau glisse, il est l'ami de l'ennemi, attitude dangereuse mais qui le portera à réclamer la grâce de Brasillach et même de Laubreau, condamné par contumace et réfugié en Espagne à la libération, alors qu'il sera lui-même blanchi par les comités d'épuration des littérateurs et du cinéma.

 

Jean Marais comme Cocteau finiront par poser pour Breker, en 1963.

            

Un exemplaire de la tête sculptée de Cocteau par Breker figure dans la chapelle de Milly, à côté de sa tombe.

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